mai 11, 2019

Promenades quantiques

Quand parler fixe

Dans Île, roman d’Aldous Huxley paru en 1962, qui décrit une société utopique nourrie d’Orient et d’Occident (c’est beaucoup plus que cela, lisez-le), un échange entre deux personnages m’a marqué. L’un de ces personnages est à quelques heures de son décès, et l’autre l’accompagne en lui parlant. Un troisième personnage les observe.

– La lumière est-elle toujours là ?

[Personnage] secoua la tête :

– Je puis vous dire exactement quand elle est partie. Elle est partie quand j’ai commencé à parler de la souffrance qui n’est pas vraiment à moi.

– Et pourtant, vous disiez que c’était bien.

– Je sais – mais je le disais.

(Italique dans le texte, traduit de l’anglais par Mathilde Treger, Pocket, Plon)

J’ai lu ce roman alors que je suis en train de travailler sur un texte à paraître sur les sciences quantiques. Il y a en sciences quantiques les notions de systèmes quantiques et d’état quantique. Un état quantique qualifie et quantifie ce que l’on peut savoir d’un système quantique. Ceci est fait en terme de probabilités (« tous les possibles ») et s’effectue sur ce qui est appelé joliment un observable. La position, la vitesse (la quantité de mouvement) sont, pour fixer les esprits (intéressante expression, également) de tels observables. Lors d’une mesure de l’observable, tous les possibles se réduisent, se précipitent en quelque sorte, s’effondrent dit-on également, en une unique possibilité. De la même manière que le personnage d’Huxley qui, interrogé, ne voit plus l’ensemble des possibles que représente la lumière, car la parole sur la souffrance-qui-n’est-pas-vraiment-d’elle a agit comme une mesure sur un observable.

Parler effectue le choix de la réalité parmi tous les possibles.

(Ou bien : parler effectue le choix de réalité parmi tous les possibles ? le choix d’une réalité parmi tous les possibles ? un choix de réalité parmi tous les possibles ?
Tant de possibles…)

Quand observer fige

On rencontre en étudiant les sciences quantiques des phénomènes contre-intuitifs qui n’en facilitent pas la compréhension. L’un d’entre eux, que l’on connaît sous le nom de contrefactualité, propose que lors d’une expérience, des événements qui auraient pu se produire, mais ne se sont pas produits, influent tout de même sur l’expérience effectuée. Cette propriété serait utilisable dans des dispositifs expérimentaux où l’on désire que deux systèmes puissent « communiquer » sans qu’aucune information ne circule entre les deux. Ceci repose notamment sur un phénomène quantique appelé l’effet Zénon quantique. Ce dernier fait référence à un des paradoxes de Zénon d’Élée – le paradoxe de la flèche – qui estime la notion de mouvement impossible. Une flèche est en vol, et se trouve à chaque instant à une position précise. Si l’instant étudié est trop court, la flèche n’a pas le temps de se déplacer et reste au repos. Si le temps est une succession d’instants courts, la flèche n’a jamais le temps de se déplacer, et le mouvement est chose impossible. La flèche ne peut pas voler, ne peut pas évoluer.

Par un chemin que je ne décrirai pas ici, ce paradoxe a donc trouvé un écho en sciences quantiques sous le terme d’effet Zénon quantique. Celui-ci énonce que si l’on effectue N mesures d’un observable pendant un intervalle de temps donné, la probabilité de trouver le système quantique dans le même état après cet intervalle de temps, tend vers 1 (c’est-à-dire vers la certitude qu’il est dans ce « même état ») quand N tend vers l’infini. L’effet Zénon quantique est envisagé quand il s’agit de figer un système quantique dans un état quantique, le très grand nombre de mesures de l’observable projetant cette fixation. Concrètement, l’effet Zénon quantique permet de ralentir, voire geler l’évolution d’un système quantique.

Il y a quelque chose de perturbant (mais toute mesure est une perturbation) à imaginer que pour figer une réalité, il fau(drai)t sans cesse l’observer. C’est aliénant pour l’observé comme pour l’observant. Observer sans cesse fige une réalité, à l’instar des anges pleureurs de Docteur Who, qu’on doit absolument observer sans cesse (sans les regarder dans les yeux) pour les empêcher de se mouvoir et nous faire toute sorte de malheurs, obligeant du même coup à rester vigilant et à la même place. Paradoxe qui consiste à s’assurer d’une réalité, dans le même mouvement (!) qu’interdire toutes les autres, et ne pouvoir procéder autrement au risque d’être soi-même annihilé.

Observer le silence

Je lisais Huxley et je lisais Zénon. Et s’est formée dans mon esprit très distinctement l’expression « observer le silence ». L’expression ou plutôt le paradoxe de cette expression. Si parler fixe une réalité parmi toutes celles qui n’ont pas été énoncées, et observer fige une réalité, alors quelle est l’essence d’observer le silence ?

Comme toujours, je me plonge dans l’étymologie, pour apprendre / comprendre d’où peut venir une expression. « Observer » est composé de ob, qui véhicule l’idée de « en face de » et de renversement (obstacle, obstétrique…), et servo, de l’indo-européen ser-, qui signifie à la fois garder (conserver, préserver, puis respecter, être fidèle à…) et regarder (veiller à, épier, avoir l’œil sur, faire attention à…). Les deux sens se retrouvent dans un champ sémantique qui m’est cher, celui des oiseaux, du ciel et des augures. Caelo servare signifie observer le ciel, à la fois dans le sens de considérer et dans celui de respecter.

Je laissais mes pensées dériver.

Il était un peu avant 6h du matin lorsque je lisais Huxley et Zénon, simultanément. À cette heure-là, j’attends le terminateur des oiseaux, cette ligne imaginaire qui précède, se superpose ou suit légèrement le terminateur du soleil. La zone entre nuit et jour, et jour et nuit, qui fait le tour de la Terre. Ce terminateur est celui du chant des oiseaux. Avant : le silence. Après, espèces par espèces, se réveillant se répondant, les oiseaux entament leurs conversations animées. Nous étions en pleine période de discussion mondiale sur la disparition de la biodiversité. Il y a les chants des oiseaux qui disparaissent avec les oiseaux, comme il y a le silence qui disparaît de notre monde sous la pression des bruits industriels. Les observer ou en parler ? Quelle est la meilleure méthode pour alerter et sauvegarder ? Déjà, se rappeler que observer est tout à la fois conserver, préserver, respecter, veiller à, faire attention à…

Observer le silence, observer une minute de silence… À la fois penser en dedans de soi, et exprimer du respect. Si observer est figer, est-ce qu’observer le silence, c’est figer la possibilité de tous les possibles, rendre constamment tous les possibles encore possibles, tandis que parler romprait ce charme paradoxal ? Mais se taire est aliénant également, et il n’est pas possible d’observer le silence ad æternam. Il est alors possible de parler à bon escient, c’est-à-dire parler en pleine connaissance de cause, parler seulement en ayant la connaissance de tous les possibles, et figer le meilleur.

Je laissais mes pensées dériver sur ces observations, incapable de trouver autre chose comme Chut!

décembre 23, 2016

Être(s) touché(s)

Récit

Se frayer un chemin. Au travers d’une foule qui se presse en tous sens, dès la sortie du métro, comme mue d’une folie désordonnée, sans pour autant se heurter. Une foule chargée de paquets, ou d’envies, ou de désirs, une semaine avant Noël, le long des grands magasins parisiens, bondant les trottoirs de son avide impatience, marchant droit, évitant les regards, évitant les contacts. Remonter le fil d’une foule pressée qui souhaite se reposer après une semaine chargée, et qui se farde de colis, le visage lourd et les paupières baissées, cherchant son chemin dans le sillage des autres, sur la trace de son écran, ou dans le souvenir de son enfance. Chargée de cadeaux à déposer au pied d’un sapin de plastique argenté, les yeux rivés au sol, dans l’ombre des pas, évitant les ornières. Se frayer un chemin et regarder ces femmes et ces hommes aller de l’avant, le plus souvent seuls, exceptés ces touristes descendant de leur car et s’engouffrant sous les portes chaudes des commerces. Voir tous ces gens semblant marcher dans une seule direction, avoir choisi l’autre, les mains vides, et devoir être celui qui évite, qui louvoie, qui contourne, qui s’échappe. Et dans cette foule de pantins, repérer des silhouettes immobiles, l’une contre un mur agitant une cloche, essayant d’attirer la compassion du passant pressé pour une œuvre de charité, l’autre assise contre un poteau, en face, invisible à deux trois mètres, séparée de la cloche par des rangées de jambes pressées, entourée de ses maigres possessions, la main jaunie à moitié repliée, résignée peut-être, ne semblant plus espérer un regard ou un geste. Passer son chemin en emportant cette vision, tout d’abord à bon rythme, puis en ralentissant le pas, s’arrêtant et se retournant. Revenir, porté cette fois par le bon sens de la foule, s’approcher et s’accroupir, pendant que l’autre immobile lève son regard, bleu, lui ouvrir sa main et y placer un petit peu, au rythme de la cloche sourde derrière les pantalons et les robes empressées. Puis, pendant quelques secondes, poser sa main sur le bras de son manteau vieilli par la rue, les regards chevillés, et dire le plus possible par ce geste sans un mot.

Deux heures plus tard, cour de Rome, remonter d’un bon pas et accompagné, le cœur joyeux au milieu d’une foule toujours dense, un peu moins cependant et presque immobile cette fois. Un attroupement s’est formé, et c’est comme si tout le monde convergeait vers ce lieu, au pied des horloges de bronze. Comme si le quartier conspirait pour nous entraîner là plutôt qu’ailleurs, pour voir, ou plutôt entendre, ce qui s’avère être un orchestre de jazz, ou une fanfare. Ma trajectoire est incertaine : va-t-on s’arrêter là ou contourner, ou bien choisir un meilleur angle pour voir et entendre ? Et soudain sa main se pose largement sur mon omoplate, pour me guider et me ralentir, et c’est comme si tout le temps qui s’écoule venait se fixer dans ma peau, au pied des mélodies de cuivre. Pendant quelques secondes, sa main sur l’épaule de mon manteau. Le temps d’une inspiration. D’un battement. D’une mesure. D’un souffle. Sa main qui me rapproche et me guide vers un creux de la foule, puis se détache en laissant son empreinte. Et comme si c’était là le signal attendu, la foule s’ébroue un peu, les musiciens déposent leurs instruments. Il semble qu’il faille circuler, des agents se sont approchés, peut-être que cet orchestre n’avait pas les autorisations pour son spectacle. Les gens s’éparpillent et nous reprenons notre marche, au milieu d’un rassemblement qui se fait nuée, au fil des rues, de moins en moins chantant, tel un groupe d’oiseaux surpris qui s’égaillent loin du champ. Ils se dispersent comme la chaleur que je sens rayonner dans mon dos.

Observés

Boulevard Haussmann, à une heure de pointe. Un type en décembre, manteau de laine noir, marche à rebours de la foule, comme s’il n’en faisait pas partie. Les gens se pressent. Le type en question s’arrête contre un poteau. Il s’accroupit et parle à un homme assis qui pourrait se faire bousculer à chaque fois qu’il passe quelqu’un. Un clochard qui fait la manche. Comme il voit sa main vide, lui caresse le bras et lui laisse un quelque peu.

Deux heures plus tard, je le revois cour de Rome, devant la gare. Il est avec une amie qui pose sa main à l’épaule de son manteau pour le rapprocher d’un spectacle. Elle lui montre où (à la bordure) et y va.

Point de fusion

C’est une foule qui s’écoule rapidement, boulevard Hassium. Le mercure au plus bas, chacun relève le col de son manteau. Les visages semblent plombés par l’exercice des achats de Noël. Chacun se presse, se forgeant un chemin parmi ses congénères. Au milieu, un homme s’arrête et dévie le cours de ses pensées. Se penche vers le foyer éphémère d’un être perdu à terre. Comme une cloche de bronze fait tinter son appel au loin, il s’approche de la main sans gant. Y glisse une pièce d’argent tandis que le regard bleu acier qui s’élève le touche un peu plus. Sur la blouse de l’ancien ouvrier, l’homme pose ses doigts doucement pour un dernier alliage.

Deux tours d’aiguille plus tard, sortant d’un zinc branché, il se dirige vers la cour de Rome, où une formation de cuivres donne un récital. Il se fond à nouveau dans la foule, accompagné d’une amie à la marche rapide. Leurs pas les rapprochent du point de convergence, là où la foule liquide s’est faite solide et attentive. Il reste dans cette masse quelques fissures pour percevoir la fanfare et leurs notes dorées. Afin de le guider dans cette brèche du temps, l’amie pose sa main sur l’armure de l’homme, qui se fend sous cette soudaine chaleur. Elle se diffuse sur sa peau et se grave dans sa mémoire.

Subjectif

Je ne sais plus depuis combien de temps je suis ici, à contempler cette humanité mouvante à laquelle je ne suis plus sûr d’appartenir. Elle va et vient, poussée par je ne sais quelle compulsion, entraînée par je ne sais plus quelle foi en l’avenir, je crois bien avoir oublié tout cela. J’ai froid au milieu d’elle, mon manteau ne perçoit plus aucune chaleur dans ces longs pas qui défilent devant moi. Je laisse remonter le courant autour de moi, les yeux fermés. Je voudrais ouvrir la main et sentir à nouveau leur contact, comme ces joueurs qui remontent la file de leurs adversaires après un match, et semblent sceller une dernière alliance. Mais ceux-là sont trop pressés, et nous ne jouons plus dans la même division. Je les laisse s’écouler autour de moi, je sais que dans quelques heures ils disparaîtront, et moi avec, et qu’ils n’auront pas eu un regard pour moi. Sauf lui, ce jeune homme revenu sur ces pas tout à l’heure, et qui a glissé une pièce dans ma main, et sa main sur mon bras, me donnant sa ferveur de vivre contre mon regard étonné.

Nous étions là depuis toujours, effectuant cette longue marche enjouée au milieu de ce quartier plein d’allées et venues, aux places évoquant la ville éternelle, aux gares évoquant la vie éternelle. Nous résonnions avec toutes ces femmes et tous ces hommes et aussi tous ses enfants qui écoutaient battre le cœur de leur après-midi, sous un soleil froid. Nous écoutions la petite musique de ces vies, à portée de nous, cherchions à accompagner le flux de leurs pas, notions leurs embardées et adoptions leur tempo. Ce crescendo que nous suivions et qui nous avait fait remonter jusqu’à l’embouchure de cette gare, près du pavillon vitré du métro, devait bien s’expliquer. Il y a toujours une clé pour comprendre ce qui se joue en coulisse, dans le dos des gens, comme une caresse. Peut-être ces agents qui nous notifiaient le point d’orgue et faisaient se disperser notre public, étaient-ils là pour nous faire chanter dans un dernier soupir surpris : « Quel beau couple ! »

D’azur…

Coupé d’Azur et d’Or

C’était tout à fait réel, ce n’était pas un de ces contes bleus à dormir debout. L’homme était bien là, cet ancien ouvrier que j’avais connu, novice, en bleu de travail à l’usine de mon père, puis comme homme de confiance (on disait le blanc-bleu, à cette époque) dans la maison des nobliaux du village (dont le sang n’était pas si pur que cela, rapportait-on), puis instituteur dans sa blouse grise. Il était à présent assis, au coin de cette rue, son regard d’acier toujours aussi marquant, et pourtant plein des blessures que la vie avait imprimées sur sa peau, des ecchymoses laissées par la situation économique, et de tous les renoncements et les promesses qu’il avait passées au bleu. Le télégramme que j’avais reçu n’avait pas menti, c’était bien le même homme, retrouvé, et pourtant déjà un autre, comme jauni par le temps, presque sépia, la main usée presqu’entrouverte, et creuse, et vide. Lui que j’avais connu bon et généreux, le cœur sur la main, était à présent devenu mendiant. Je ne savais quoi dire à présent, quoi faire si ce n’est le geste dérisoire de glisser quelques pièces de 50 centimes, ce que j’avais en somme sous la main, dans sa main, puis passer ma main sur le bras de son manteau, là où la chaleur qui se diffuse fait reculer le froid. Il ne m’a pas reconnu, je crois.

…et d’Or

J’en restais bleu encore deux heures plus tard, alors que je pensais à cet homme à présent démuni. En vérité, je ne le connaissais pas. Il était un parmi de nombreux qui ne verraient aucun âge d’or, et toute la foule qui s’était pressée sur le trottoir sans le voir n’en verrait pas la moindre parcelle non plus. Il était l’ancien ouvrier, l’ancien domestique, l’ancien instituteur à l’absence de retraite, aujourd’hui sur la paille. Et moi j’étais encore auprès de lui, et j’étais déjà loin, bleu de cette fille au pas agile (j’ai l’impression qu’elle marche φ fois plus vite que moi), qui me poussait de sa main sur mon épaule vers un groupe adepte de notes bleues faisant scintiller les pavillons dorés de leurs instruments au soleil du soir. Puis, comme des bleus venaient disperser cet orchestre (qui avait franchi la ligne jaune en jouant sans autorisation, semble-t-il), je réfléchissais à ces contacts furtifs entre humains, qui sont comme l’oiseau bleu, rares et précieux.

Interlude

C’est une histoire qui se répète, sous différentes formes, un je divers qui explore une foule de possibilités. Être ici et ailleurs, celui-ci ou cette autre, à ce moment ou plus tard, et dessiner les points communs, appliquer la peinture par petites touches, jouer sur les sens et les faire affleurer. Sa main était à moitié ouverte, et tandis qu’il lui frottait sa blouse d’artiste au jaune de térébenthine, il glissait dans la sienne un pinceau pour lui permettre un repentir.

C’est une partition éternelle qui se joue, sous différentes latitudes, un jeu d’hiver près du Printemps. Reprenant des codes pour mieux les transgresser, plaçant ici une note pour la développer plus loin, revenant sur une ancienne phrase pour l’interpréter différemment, changeant de clé et de tonalité. Sa main été appliquée, et tandis qu’elle diffusait sur son épaule un souvenir au bleu de méthylène, il mettait ses pas dans les siens pour imaginer un à venir.

D’A bon d’O

Chrono : Sabbat, tôt avant tard. Sortant par mon wagon RATP.

Racontons d’abord l’avant-propos : chalands transportant vos achats sans fard, vos flacons d’alcool glaçant, vos chocolats d’armagnac, vos chapons, vos homards, vos safrans odorants, vos macarons dormants… armadas d’avatars marchant hagards par marathons affolants, robots rasant rapportant dans nos cartons, abandonnant vos vagabonds las sans baraka, vos manants sans loto gagnant, vos clochards sans Graal. Pardon ! Stop ! Non ! Total anormal ! Gardons tantôt nos pognons hors nos sacs. Plaçons dans son ballot l’argos d’or sonnant.

Or, donc, sortant par son bar…

Nana : « Olà, Vasco, avançons bord à bord, accordons nos pas, approchons par là, harponnons sans hasard l’agora Pax Romana, l’octogonal panorama rond, macadam paradoxal, balançons nos talons, proclamons la salsa, annonçons la samba, hop ! dansons l’an tango chabadabadant, do fa sol la, fanfarons sonnants, sol fa do la, saxos shows, sol do la fa, allons, fol albatros, à l’avant dans la chanson ! »

Garçon : « Ah, bravo ! Allons donc alors, charmant paon ! Hâtons nos pas, comptons nos romans, racontons nos mots d’antan, complotons larrons, osons sans tralala, abandonnons nos cadrans, flottons dans l’argos, montons là, oh ! volons ! »

Son bras frotta mon col, mon costard, mon coton, à plat, d’aplomb, fondant, colossal volcan dans mon dos, affolant mon cosmos.

À part ça, gagnons nos pontons, amants cormorans !

février 18, 2012

Rupture de stock

Timbre fiscal français émis en 1881

Objectif la semaine dernière : renouveler mon passeport. Une petite requête sur google « renouvellement passeport france » ramène plus d’un million de résultats, c’est pas gagné. Après avoir passé tous les sites pseudo service-public qui embrouillent plus qu’autre chose, je tombe après quelque raffinement sur le prometteur http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/vos_demarches/passeport-biometrique.

Je dois dire que le « à votre service » est tout de même très encourageant.Je m’y engage.

Arrivé sur place, le document a été mis à jour le 08/10/2010 à 14:57, mais comme cette mise à jour est signalée et que je suis sur un site plutôt officiel, j’ai assez confiance. De fait, je passe sur http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/vos_demarches/passeport-biometrique/passeport-majeur (c’est mon cas) mis à jour le 05/10/2011 à 14:11, et je note bien ceci : « Si les photos sont réalisées en mairie grâce à une station d’acquisition de demande de passeport, le tarif est de 89 EUR. » (EUR, c’est euros, pour ceux qui viennent de rendre leurs derniers billets en francs. Sachez d’ailleurs qu’ils vont servir à acheter des claviers avec le symbole €).

Après un détour à la trésorerie (pour être bien sûr d’avoir des gens qui savent à quoi vont servir les timbres fiscaux), j’arrive armé de mes 89€ en TF et des divers documents, y compris mon formulaire de demande pré-rempli, ce qui me vaudra de la part de la personne qui me reçoit un « oh, il a fait sa demande sur internet, celui-là » (elle parle à sa voisine).

Et là, surprise, alors que j’étais placé devant un portique de flashes et visé par un appareil photo flambant neuf, je m’entends dire : « mais, vous n’avez pas vos photos ? ». Lignes de suite

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mai 30, 1968

Pendant les événements

Cela restera toujours un mystère pour moi, car les deux protagonistes ne sont plus là pour en parler, mais tout de même, le doute n’est presque pas permis, j’ai été conçu pendant les événements. Ou juste après.

Et bien après le reste de ma fratrie.

Du coup, j’ai entre 9 et 18 ans de différence avec elles et lui, et la génération suivante est complètement décalée. Quel bazar ! Mais quelles réunions de famille sympa, en même temps (ou plutôt : en temps décalés).

En tout cas, ce décalage, et cette conception au plus fort de temps agités, correspondent bien à mon caractère, tiens.

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